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Nous sommes en tournée dans le sud est. C’est plutôt drôlement joli dans l’ensemble.
Nous dormons à l’hôtel, nous mangeons au restaurant midi et soir. Et puis cet accent chantant, ce soleil, on pourrait se croire en vacances.
Pourtant, nous travaillons. Nous jouons et nous travaillons. Curieux métier où l’on joue et travaille en même temps. Il peut y avoir de l’effort dans le loisir et du jeu dans le travail.
Même dans cet environnement touristique, en dehors des temps de représentation, nous ne parvenons pas à nous sentir en vacances. Nous sommes en attente. Comme une parenthèse. Un temps mort entre deux spectacles vivants. C’est un sentiment étrange que de ne pas profiter pleinement d’un lieu, aussi magnifique soit-il. Ce n’est pas le contexte qui est en cause mais notre état d’esprit, notre disponibilité mentale. Pas totalement relâché, pas libre.
Il est, par exemple, déconcertant, voir culpabilisant, de constater que je sature de manger au restaurant. Ce qui fait le bonheur du restaurant, c’est sa rareté, son caractère choisi. Y manger par obligation lui retire son charme. Comme le service parait long quand le désir est absent.
Les chambres d’hôtel se succèdent avec leurs bonnes et mauvaises surprises. Parfois havre de paix, parfois anxiogènes. Je me surprends à y regarder la TV, souvent. Je n’en suis pas très fier. Probablement elle me rassure.
Les théâtres se succèdent. On rencontre des équipes, on compare les accueils. On mesure l’état de conviction, les envies, les lassitudes, les amertumes, les enthousiasmes, les croyances…On entend souvent les mêmes difficultés ; argent, relation avec les élus…
Je souffre parfois du manque de relation avec le public. Parfois, au terme de la représentation, je ne croise pas un spectateur. Le temps de se changer et il n’y plus personne dans le hall du théâtre. Pas un temps de convivialité, pas un verre de quelque chose, prétexte à la rencontre. J’ignore tout des gens qui ont fait l’effort de venir de payer leur place, jusqu’à leur visage.
Je suis bouleversé lorsque quelqu’un fait l’effort de venir me dire son plaisir. Cela me remplit de fierté. Je me contente souvent de dire « merci » en souriant bêtement. J’ai déjà tellement causé sur scène que je me sens vide de mots. Je souris. Gêné et heureux !
Par Titus, le 1er juin 2010 à 18:07 | breves
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Présentation du projet
Le projet consiste à inventer une histoire propre à un quartier, une légende. Un évènement historique extraordinaire mais plausible qui aurait eu lieu dans le quartier de Souché à NIORT. Il s’agit de s’appuyer sur la réalité pour la tordre et en redonner une image sublimée.
Cette « légendarisation » se réalise en complicité étroite avec des habitants qui témoignent ou apportent les preuves de cette histoire. Quartier et habitants, se trouvent ainsi valorisés par un récit qui oscille entre réalité et fiction.

Dans un premier temps, en s’appuyant sur une structure relais (Centre socioculturel), il faut constituer un groupe de complices (individus ou groupes constitués), qui participe à l’élaboration de la légende.
Ces complices servent de référents pour nourrir l’écriture d’une légende. Ils sont des personnes-ressources concernant le patrimoine humain, architectural et environnemental du quartier. C’est l’opportunité de porter un regard nouveau sur le quartier, de questionner le passé et les caractéristiques d’un territoire.

Dans un deuxième temps, il faut constituer, toujours en complicité avec ce groupe d’habitants, des preuves de ce récit-fiction : photos, vidéos, objets, témoignages… Ainsi, ces « vrais gens » donnent la crédibilité au récit et gomment son caractère invraisemblable.
Cette imposture peut aussi trouver un relais auprès des médias locaux afin de donner corps à la rumeur.

Enfin, un temps de mise en jeu, porté par un comédien-narrateur, doit permettre de restituer officiellement cette histoire auprès des habitants du quartier (et plus largement, des niortais). Ce temps spectacle est aussi l’opportunité de mettre un coup de projecteur sur le quartier et ses résidents.

C’est donc une création artistique portée par un artiste (écriture, accompagnement, mise en jeu) en connivence avec les habitants du quartier qui participent de l’imposture en apportant leur connaissance et leur vécu du territoire.

Etapes et chronologie du projet
- Avril/Juin 2010 : Rencontre avec la/les structure(s) relais. Choix des personnes et groupes
- Septembre/novembre : rencontres avec des habitants (groupes, particuliers, scolaires…) pour exposition du projet et collectage sur le quartier
- Novembre/décembre : écriture de la légende par Titus à partir des collectages. Exposition au groupe de la Légende.
- Janvier/Avril 2011 : fabrication de preuves (témoignages, objets, iconographie…) par et avec les habitants. Transmission à l’auteur.
- Avril/Mai : écriture de la restitution. Répétition de la restitution.
- Mai/Juin : restitution sous la forme d’un spectacle dans le quartier

Par Titus, le 1er juin 2010 à 15:58 | actions culturelles
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